La belle lisse poire du prince de Motordu raconte l’histoire d’un prince qui tord les mots au point de transformer le monde autour de lui. Dans son univers absurde, tout se prend au pied de la lettre, et chaque contresens déclenche une scène cocasse. L’intrigue tient en un fil simple : une rencontre, une école, puis un amour qui remet les mots à l’endroit. Le charme de l’album vient de ce décalage constant entre ce que l’on attend et ce que le texte invente.
Le rire fuse dès les premières pages, porté par le principe des mots déformés et par l’allure fantasque du prince dans son décor invraisemblable. La belle lisse poire du prince de Motordu ouvre la série Le Prince de Motordu, imaginée par Pef, et pose un cadre où chaque phrase déraille avec panache. Le prince vit dans un chapeau à la place d’un château, sous des crapauds bleu blanc rouge qui flottent comme un drapeau devenu vivant. L’album sert souvent de support pour jouer avec la langue, dès 6 ans, car il donne envie d’écouter, de repérer, puis de corriger.
Qui est le prince de Motordu ?
Le prince de Motordu mène une vie réjouissante dans son chapeau splendide, et tout son quotidien illustre ses mots tordus pris au pied de la lettre. Les images suivent cette logique et montrent ce que ses erreurs racontent, comme si la langue fabriquait le décor.
L’hiver, il lance des batailles de poules de neige, et l’absurde devient un sport de cour. Le soir, il joue aux tartes avec ses cousins dans la grande salle à manger du Japon. À la campagne, il mène paître un troupeau de bitons, puis file sur son râteau à voile. Le dimanche, il régale ses invités avec un menu copieux, entre rôtis, purée de petits pois, cuisses de grenouilles, braises du jardin et confiture de mûres. L’absurde devient un sport de cour.
Les déformations de mots emblématiques de sa vie quotidienne
Le comique naît d’un glissement sonore : un mot frôle un autre, et le sens bascule d’un cran. Le prince parle ainsi en paronymes, et chaque déformation crée un tableau insolite, net, immédiat.
- Château → Chapeau.
- Drapeau → Crapaud.
- Garçon → Glaçon.
- Fille → Bille.
- Boules de neige → Poules de neige.
- Bateau à voile → Râteau à voile.
La rencontre avec la princesse Dézécolle
Ses parents le poussent vers le mariage, car ils rêvent d’une épouse qui lui raconte des belles lisses poires le soir. Il part en toiture de Bourges, puis un pneu éclate et stoppe sa route. Il aperçoit alors une jeune femme en train de cueillir des fraises des bois. Elle se présente : c’est la princesse Dézécolle, institutrice, et elle vit dans un petit pois. Il s’emmêle et comprend des petits mois que l’on mange, ce qui relance le quiproquo. Elle repère ses maux de tête et l’invite à venir dans son école publique gratuite et obligatoire. La rencontre avec la princesse Dézécolle.
Les leçons à l’école pour guérir ses mots tordus
Il s’installe à une table libre, puis ses réponses déclenchent l’hilarité générale dans la classe. Il écrit beaucoup, mais son cahier se couvre de ratures, comme un danger à chaque ligne. La maîtresse reprend ses phrases et l’amène à entendre la différence entre le mot juste et le mot tordu.
- Il écrit « Marier 1,6 » au lieu de « Maîtrise un six ».
- La maîtresse corrige l’histoire du « Tueur » et du « Tueur d’huîtres ».
- Il affirme que le « Frigo » fabrique des « Petits garçons ».
- Il raconte que Napoléon déclare la guerre aux puces, envahit la Russie, puis les puces mettent le feu à Moscou.
Après des semaines, il progresse et retrouve une parole normale. Il offre des bobos à ses camarades et reçoit le prix de camaraderie.
Le mariage et la fin heureuse
La princesse lui envoie un télégramme : elle lui demande de se marier, car il a oublié son livre de géographie. Il répond qu’il accepte de marier avec elle, fidèle à ses derniers dérapages. Le mariage se déroule à l’école, comme un prolongement de leur rencontre et de ses leçons. Les élèves assistent à la cérémonie et transforment la classe en fête. Le mariage se déroule à l’école.
Plus tard, elle parle d’enfants et annonce un projet tendre : un deux petits glaçons et deux petites billes. Le prince éclate de rire et conclut qu’elle représente la femme qu’il lui fallait. Ils tricotent des bulles et des josettes pour l’hiver, et cette fin ouvre la porte aux autres aventures de la famille Motordu. Cette fin ouvre la porte aux autres aventures.







