Lucrèce a 11 ans, elle entre en 6e avec ce mélange de trac et d’excitation qui rend tout plus grand, du cartable aux histoires qu’on se raconte. Elle vit au milieu d’une tribu recomposée où sa mère avocate court après le temps, où Georges, aiguilleur du ciel, s’invite dans ses devoirs de maths, et où une grand-mère excentrique se prend pour une star nommée Scarlett. Elle compte aussi sur son trio d’amies, Aline, Coline et Pauline, surnommées les Lines, pour traverser les jours bancals et les fous rires. Anne Goscinny signe ce journal de préado vif et tendre, Catel l’illustre avec un sens du détail réjouissant, et Gallimard Jeunesse le publie en 2018.
Présentation de l’œuvre et des auteurs
Le monde de Lucrèce tome 1 sort en 2018 chez Gallimard Jeunesse et installe un roman jeunesse illustré, pensé pour se lire par petites gorgées. Anne Goscinny, fille de René Goscinny, y prolonge un goût prononcé pour les scènes du quotidien et les répliques qui font mouche. Catel accompagne le texte de dessins expressifs, et l’origine du surnom des copines, les “Lines”, vient d’un clin d’œil lié à sa propre fille. L’ensemble avance par chapitres courts et thématiques, un format qui colle à l’énergie d’une entrée en 6e.
- Fiche d’identité : Parution 2018, Gallimard Jeunesse.
- Fiche d’identité : Auteure Anne Goscinny, fille de René Goscinny.
- Fiche d’identité : Illustrations Catel, source d’inspiration pour le nom des “Lines”.
- Fiche d’identité : Roman jeunesse illustré à chapitres courts et thématiques.
- Fiche d’identité : Environ 192 pages.
- Fiche d’identité : Formats cartonné, ebook et audio sur Yoto, cible 8-11 ans surtout.
Résumé complet du tome 1
Lucrèce fait sa rentrée en 6e dans un collège qu’elle découvre couloir après couloir, avec ses codes et ses petites secousses. Très vite, elle se met en tête d’adopter une tortue, Madonna, malgré l’aversion affichée de sa mère pour les animaux à la maison. Les jours suivants, le rythme du collège impose ses rites, comme les élections des délégués de classe, qui transforment chaque conversation en stratégie. Dans ce nouveau décor, les Lines servent de boussole et de rempart, toujours prêtes à recadrer, consoler ou rire.
Puis les épisodes s’enchaînent au fil des semaines, avec une sortie scolaire au musée de la Marine qui vire au fiasco et laisse des souvenirs coriaces. Un devoir de vacances autour de lentilles à faire pousser ramène Lucrèce à ses tests, ses ratés, ses idées fixes. Un journal intime abandonné met aussi son imagination en branle et nourrit ses interprétations. À la maison, Victor, demi-frère geek fan de zombies, attise les chamailleries, pendant que la grand-mère Scarlett surgit comme une tornade mondaine et redessine l’ambiance du salon.
La famille recomposée de Lucrèce
Le livre dresse une famille recomposée sans amertume, où chacun occupe sa place, même quand tout déborde. Lucrèce circule entre deux foyers et des adultes imparfaits, ce qui crée des situations cocasses sans jamais abîmer la tendresse. Cette recomposition se montre comme un terrain fertile, où les enfants grandissent avec un sentiment d’appartenance solide.
- La mère : Avocate surbookée, elle mène la maison au pas de course et pose les limites, même quand Lucrèce rêve d’animaux.
- Georges : Aiguilleur du ciel, il traite Lucrèce comme sa fille et ajoute un humour de “bras droit” jusque dans les maths.
- Le père : Artiste abstrait et déroutant, il offre une fantaisie affectueuse, parfois à contretemps.
- Victor : Demi-frère geek et taquin, il nourrit les joutes fraternelles et les délires zombies.
- Scarlett / Arlette : Grand-mère extravagante, elle se rêve star de cinéma et met du panache dans chaque visite.
Les amies et la vie au collège
Aline, Coline et Pauline forment avec Lucrèce une petite constellation fidèle, les Lines, avec leurs codes, leurs alliances et leurs éclats de rire. Leur amitié donne une assise à l’héroïne quand les journées tanguent ou quand une idée lui échappe. Ce quatuor incarne ce lien rare qui rassure, booste, et permet de se relever sans drame.
Au collège, Lucrèce affronte des profs de 6e, des contrôles surprises et le stress diffus des premiers repères à prendre. Les élections de délégués ajoutent une couche de théâtre social, entre envies de bien faire et petites rivalités. Le travail en groupe prendra plus d’ampleur dans les tomes suivants, et le tome 1 en pose déjà l’esprit, avec une Lucrèce naïve mais appliquée, qui apprend de ses erreurs quand les adultes l’accompagnent.
Analyse des personnages principaux
Le livre fonctionne comme une galerie de personnages reconnaissables, dessinés avec des traits nets et un sens du décalage. Les seconds rôles alimentent l’humour, tandis que Lucrèce capte tout avec son regard d’enfant qui bascule vers l’adolescence. Le lecteur y trouve des repères proches de la vie réelle, entre école, famille, disputes et réconciliations.
Entrons dans le portrait de Lucrèce, car tout part de sa façon de voir le monde.
Portrait de Lucrèce, l’héroïne naïve et dynamique
Lucrèce a 11 ans et attaque la 6e avec une énergie franche, parfois maladroite, souvent touchante. Elle observe, elle interprète, elle fonce, puis elle répare, et cette mécanique rend ses aventures crédibles. Son émerveillement passe souvent par les animaux, qu’elle idéalise et qu’elle veut approcher, même quand la réalité domestique résiste. Elle paraît même, par instants, plus mûre que ses parents, et le contraste crée un comique discret, presque familier.
- Âge et étape : 11 ans, entrée en 6e.
- Tempérament : Naïve, vive, malicieuse, attachante.
- Moteur intime : Émerveillement et désir d’animaux, avec des élans qui débordent.
- Inspiration : Yeux et fossette de Salomé, fille d’Anne Goscinny, et cheveux bruns.
Les personnages secondaires qui pimentent l’histoire
Autour de Lucrèce, chaque personnage ajoute une couleur et un ressort de scène, sans écraser l’héroïne. La famille et le collège deviennent des terrains de jeu où l’humour naît des interactions, pas de gags artificiels. Cette ronde de caractères apporte aussi une chaleur rassurante, même quand ça grince.
- Victor : Il provoque, il taquine, il injecte son univers geek et zombies dans les disputes fraternelles.
- Scarlett : Elle débarque en diva, elle dramatise tout, elle offre des moments de burlesque tendre.
- Les Lines : Elles sécurisent, elles entraînent, elles partagent les aventures et les confidences.
- Les profs : Ils servent de miroir aux petites injustices ressenties en 6e et déclenchent des scènes savoureuses.
- Le père et Georges : L’un flotte dans l’abstrait affectueux, l’autre ancre et soutient, et leur contraste fait sourire.
Thèmes abordés et style d’écriture
Le monde de Lucrèce aborde des sujets actuels sans donner de leçons, avec une légèreté qui laisse la place au lecteur. Le roman parle de grandir, de s’adapter, d’aimer sa famille même quand elle part dans tous les sens.
| Thèmes | Comment c’est traité |
|---|---|
| Famille recomposée | Regard positif, sans tabou, avec humour et affection au quotidien. |
| Rentrée au collège | Petits chocs, nouveaux codes, situations concrètes comme les délégués et les contrôles. |
| Amitié entre filles | Sororité des Lines, soutien, loyauté, disputes qui se recollent vite. |
| Animaux | Désir d’adoption, projections d’enfant, réalité domestique qui résiste. |
| Grandir | Paradoxe entre envie d’être grande et refuge dans l’enfance, sans dramatisation. |
Anne Goscinny privilégie des chapitres courts, presque autonomes, qui se lisent comme des tranches de vie. L’humour reste frais, sans vulgarité, avec un esprit qui rappelle un Petit Nicolas au féminin, ancré dans le présent. Les illustrations de Catel rythment la lecture, éclairent les scènes, et donnent un visage immédiat aux émotions.
Réception et comparaison avec d’autres œuvres
La réception souligne un livre frais, drôle, réconfortant, souvent décrit comme un baume au cœur, avec une note qui monte à 16/20 selon certains avis. Les lecteurs apprécient la constance de l’humour et la justesse des situations, portées par des épisodes courts qui relancent l’attention. Le succès installe une série, prolongée par le tome 2 en 2018 et le tome 3 en 2019.
- Points forts : Humour quasi permanent et répliques qui restent en tête.
- Points forts : Sujets proches du vécu, entre famille recomposée, collège et amitiés.
- Points forts : Chapitres courts qui facilitent la lecture et l’envie de “juste un dernier”.
- Point de vigilance : Naïveté de Lucrèce qui agace parfois des lecteurs plus âgés.
La comparaison avec Le Petit Nicolas vient naturellement, par filiation et par sens de l’observation, sans imitation, avec une réécriture plus contemporaine et une héroïne au centre. Le ton évoque aussi Tomtom et Nana pour l’énergie familiale et les scènes du quotidien, avec une sensibilité différente. Le livre vise surtout les 8-11 ans, plutôt les filles, et il arrive aussi à convaincre certains garçons grâce au comique de situation et à la galerie de personnages.







